Verrières et vitraux

Peu de Montréalais s'en doutent : l'immense vitrail de la station de métro Place-des-Arts est signé Frédéric Back. C'est le plus grand de tous ceux qu'il a réalisés entre 1960 et 1967.

C'est un de ses collègues de Niagara Films, Nicolas Sollogoub, qui l'initie à la technique du verre peint dans les années 50. Ensemble, ils créent de faux vitraux pour certains décors de l'émission Le roman de la science. Quelques années plus tard, le décorateur-ensemblier Claude Hinton s'intéresse à ces compétences particulières dans le cadre des travaux d'architecture intérieure pour lesquels il engage Frédéric Back. Il est le premier à lui passer commande de deux vitraux pour les hôtels Holiday Inn de Sainte-Foy, à Québec, et de Côte-de-Liesse, à Montréal.

Dans les années 60, on est bien loin du temps des cathédrales et l'on cherche déjà à tout produire le plus vite possible et à moindre frais. Frédéric Back le sait et il a l'art de composer avec ces exigences. La technique qu'il emploie reproduit l'effet du vitrail classique de par son éclat et sa beauté, mais elle est beaucoup plus rapide d'exécution et moins coûteuse.

Détails techniques

La technique de réalisation est sensiblement la même d'un vitrail à l'autre. Frédéric Back commence par dessiner une esquisse de l'œuvre. La plupart du temps, il choisit des panneaux de verre carrés ou rectangulaires, qui seront montés à la toute fin du processus dans des moules de bois. L'étape suivante consiste à noircir l'ensemble des surfaces vitrées. Il utilise de la peinture automobile, très résistante et facile à appliquer au fusil. Ensuite, il reproduit le dessin de son esquisse en grattant la peinture avec des lames et des pointes de métal, créant ainsi des jours qui laissent filtrer la lumière. Derrière cette première plaque, il superpose plusieurs autres plaques enduites de vernis colorés transparents et éclairées par des tubes néons. Le dessin est donc monochrome et c'est la diffusion de la lumière à travers les panneaux de verre peints qui lui donne couleur, éclat et profondeur. Pour protéger le plus possible les vernis de l'air et de la lumière, et éviter ainsi la détérioration de l'œuvre, les vernis sont toujours enserrés entre deux plaques de verre.

Les vitraux réalisés par Frédéric Back mesurant toujours plusieurs mètres de largeur et de hauteur, il doit trouver des lieux suffisamment grands pour travailler. Ainsi, les vitraux des Holiday Inn seront fabriqués dans une grange louée à Huberdeau, et celui de l'église Sainte-Anne-de-Mattawa, dans une cave du quartier Saint-Henri, à Montréal. Il profite du printemps pour créer le vitrail de Châteaubriand dans le centre de ski de son beau-frère Maurice Paquin, à Saint-Faustin. Enfin, seule l'œuvre du métro Place-des-Arts verra le jour dans son atelier du chemin de la Côte-Sainte-Catherine.