Pour une agriculture durable

Frédéric Back a toujours préféré les couleurs de la campagne à la grisaille urbaine. Élevé en ville à Strasbourg, c'est lorsqu'il rend visite à ses oncles et tantes dans la campagne alsacienne qu'il se sent libre de respirer. Adolescent, il découvre le plaisir de mettre les mains à la terre en travaillant aux champs aux côtés des paysans. En 1941, aux Beaux-Arts de Rennes, son maître Mathurin Méheut l'encourage à aller peindre sur le vif la Bretagne et ses habitants. Les gouaches et souvenirs qu'il a gardés de cette période témoignent de son respect profond pour la terre et ceux qui la cultivent. « À cette époque, les champs étaient parsemés d'arbres fruitiers sous lesquels les fermiers labouraient le sol avec des chevaux ou des bœufs. Dans les bocages, chaque terrain était délimité par des rangées d'arbres et des haies peuplées d'une faune variée. […] Des hauteurs, on avait l'impression de faire face à une immense forêt. Le paysage, à la fois beau et différent dans chaque région, était un exemple éloquent des traditions et du savoir ancestral. »

En 1948, le jeune peintre découvre la vie rurale du Québec. Il entreprend un projet de livre illustré pour documenter et rendre hommage au patient travail des artisans agricoles qui sèment et récoltent de saison en saison : « Leur métier est le plus noble car il rend tous les autres possibles. » Vingt ans plus tard, avec son épouse Ghylaine, Frédéric Back achètera une ferme abandonnée pour respirer de nouveau librement et retrouver les gestes et le rythme des saisons.